A propos

Ma peinture est comme de l’émail. Sa texture est épaisse et  brillante. Je  retrouve une similitude  qui me plait, entre le contraste de la peinture émaillée et le noir mat des ardoises,  et celui de la terre cuite brut et des émaux dont on la pare.

Je délimite mes contours. Je dépose ensuite ma peinture à l’aide d’un cure-dents, technique apprise auprès d’un artiste sénégalais, le Nègre de Gorée, peintre de fixés-sous-verre. Le cure-dent permet de déposer les couleurs épaisses et de faire advenir, par petites touches, les nuances recherchées.

Le support, ce sont des ardoises du pays,la Bigorre, le plus souvent venues des ardoisières de Labassère. Elles ont été ramassées sur des talus, dans des ruines de granges, aux alentours du Montaigu. Je ne les retouche pas, mais me laisse inspirer par la forme, créée par l’homme ou les intempéries. Je conserve les trous qui ont servi à les fixer sur les toits .Je les utilise parfois, pour fixer ficelle et perles en pate de verre et bronze africaines.

L’encadrement : Après mes études universitaires d’animation socio-culturelle, avec dominante en art plastique, j’ai enseigné le cartonnage et la reliure. A Dakar, où j’ai vécu 5 ans, j’ai fait une formation en encadrement, discipline où se rencontrent le choix des papiers, l’odeur de la colle, la variété des textures, le travail des formes dans l’espace. Je réutilise ces differentes techniques pour créer les encadrements en carton et papier pour certaines ardoises.

Les influences : La rencontre avec les tissus sénégalais et maliens, wax, bogolans, basins, indigos de Guinée, m’a marquée. De l’afrique j’ai ramené aussi le gout des perles : pates de verres, bronze, millefiori …leurs formes et couleurs developpent ma créativité , se rajoutent à certaines de mes ardoises et parfois en sont le point de départ .

J’ai aussi été éblouie par les tapis berbères dont les multiples couleurs, et les graphismes savants, illuminent les murs des souks marocains.

Au Canada, où j’ai aussi habité 5 ans, j’ai découvert les arts Amérindiens , notamment les productions des inuits  de Cape Dorset. Les graphismes à la fois très « primitifs » et sophistiqués, les couleurs parfois étonnantes, ont aussi nourri ma créativité.

Depuis quelques années, je pratique l’enluminure. C’est un art très complet, où on fabrique soi-même ses pigments, comme au moyen-âge, où on peint sur parchemin de chèvre. Cela nécessite minutie, patience, et de se mettre à l’école des maîtres anciens. J’ai découvert notamment la stupéfiante complexité des entrelacs des manuscrits irlandais.

Tout cela se retrouve dans les thèmes que je dessine sur mes ardoises.

 

 

Détail des encadrements en carton, bords en  papier noir